ASPECT PROMOTION ET DIFFUSION


ASPECT PROMOTION ET DIFFUSION

Les deux mots que l'on peut associer à l'auteur auto-édité sont : audace et culot

Si l'auteur indépendant veut espérer une quelconque reconnaissance pour son travail, il se doit de porter plusieurs casquettes, tout en les assumant avec la même rigueur et la même détermination. 

1°) L'auteur écrivain :
   Livre terminé... Aspect présentation

2°)  L'auteur secrétaire:
   Aspect administratif    

3°) L'auteur promoteur, diffuseur et commerçant:
  Aspect diffusion
 

     

La promotion et la diffusion sont assurément les parties les plus complexes pour l'auteur indépendant car il a beaucoup moins de moyens qu'un auteur managé par une maison d'édition traditionnelle.

Actuellement, le livre est à l'état de fichier numérique et doit prendre une forme plus académique, il doit devenir un objet à part entière.

1°) Impression :

C'est là que le fossé se creuse encore d'avantage entre AMIT (Auteur dans une Maison d'Edition Traditionnelle) et AI (Auteur Indépendant). 

L'auteur indépendant doit partir à la chasse aux imprimeurs et comparer les devis. Mais, pour faire un devis, il doit pouvoir expliquer précisément ce qu’il veut : 

-> nombre d’ouvrages (il vaut mieux commencer par imprimer un nombre restreint, 100 ou 200 ou 500),
-> dimensions du livre et nombre de pages (il va falloir s’attacher à la mise en page proprement dite, en modifiant la taille des pages et la pagination, la typographie, la présentation des chapitres),
-> qualité du papier (s’en référer à l’imprimeur, mais on choisira le papier bon marché sans doute),
-> réalisation de la couverture (l’auteur la fournira en fichier adéquat, ou préférera laisser l’imprimeur la réaliser pour lui en lui montrant l’image de ce qu’il veut, car il saura l’améliorer en conservant ses desiderata),
-> 4e de couverture avec les indications nécessaires (prix du livre, n°ISBN qui générera le code barre).
Les devis en mains, il peut être possible de négocier en faisant marcher la concurrence ou d’obtenir la promesse d’une ristourne sur un prochain ouvrage qui viendra quelques mois plus tard, des marque-pages gratuits par exemple aussi…
Mais, il est bien évident que l'auteur indépendant ne pourra pas éviter de sortir son porte-monnaie pour imprimer ses ouvrages. Il est intéressant néanmoins de signaler que les imprimeries désormais, prennent en compte le nouveau marché que représente l'Autoédition et proposent des services à moindre coût. Et il est également nécessaire de préciser que les techniques d’impression actuelles sont beaucoup moins chères qu’avant, car elles utilisent des fichiers PDF (c’est souvent le format demandé) pour une impression numérique. Ce qui veut dire que plus on imprime d’ouvrages, plus le prix de revient diminue. De plus, on peut imprimer 100 ouvrages pour commencer et passer commande de 100 autres  ouvrages quelques mois plus tard pour un prix plus bas puisque le fichier est conservé dans la base de données de l’imprimeur et qu’il n’engage plus les frais initiaux pour le remettre à l’impression.

Mais, beaucoup d'auteurs indépendants contournent cette étape en éditant leur ouvrage en format numérique. 

Là, évidemment, des plateformes internet existent qui permettent à des auteurs indépendants d’être édités à moindre frais. Mais je ne ferai pas  de publicité  pour l'une ou l'autre d'entre elles, car chacun peut faire ses propres recherches. 

Néanmoins, je suis de ceux qui estiment que le numérique est un complément du livre papier. La fierté de tenir entre nos mains le livre qu'on vient de réaliser soi-même est un sentiment qui vaut la peine d’être vécu. C'est une fierté sans l’orgueil, mais plutôt le plaisir d’avoir atteint son but. C’est un objet merveilleux, un livre. On le touche, on le feuillette, on l’aperçoit dans sa bibliothèque, ou il trône sur notre bureau ou  notre table de nuit. Il est accessible à tout moment, on le sent, on sait qu’il a vu le jour grâce à notre persévérance et à notre passion. Le toucher, c’est passer du rêve à la réalité.

Le livre numérique ne nous appartient pas, comme il n’appartient pas non plus au lecteur, car il est impossible d’avoir les mêmes sensations qu’avec un livre papier. Il est accessible sur un appareil connecté mais il n’a pas de place sur une étagère, dans notre espace vital et c’est dommage. C’est pourquoi, je conseille de faire imprimer des livres papier, même en nombre réduit, pour ce plaisir à nul autre pareil de le voir, de le toucher, de le sentir être à soi et de pouvoir le faire parvenir soi-même aux lecteurs qui le désirent… Et il n'est pas inutile de produire les deux versions en parallèle : papier et numérique.

Même après cela, l'auteur indépendant n’est pas encore au bout de ses peines…

2°) La promotion

A ce sujet, on peut facilement dire que c'est un parcours du combattant!

Et je suis encore obligée de dire que l’AIMT bénéficie de toute une équipe qui agit à sa place pour promouvoir son livre. La maison d’édition (bien sûr, les grandes ont beaucoup plus de possibilités que les petites) a l’avantage de connaître les ficelles et surtout d’avoir de nombreuses portes qui s’ouvrent devant elles. Elles disposent de professionnels de la communication en leur sein, dont le travail consiste à faire la publicité de l’ouvrage sur de nombreux supports audio-visuels : journaux et revues spécialisées, radios et télévisions, salons du livres et autres manifestations en rapport avec la littérature, y compris les réseaux sociaux et les sites à larges audiences littéraires, sans compter les concours aux divers Prix Littéraires… Elles possèdent, en outre, un service professionnel spécialement dédié au démarchage régulier, ainsi leurs ouvrages se trouvent sur les étalages de presque toutes les librairies et dans les grandes surfaces de France.

A ce stade de son travail, l'auteur indépendant peut être totalement démoralisé car ses compétences sont limitées en manière de promotion. De nombreuses portes lui sont encore (et grandement hélas !) fermées. Il ne pourra pas prétendre participer à une émission de TV littéraire par exemple, il ne pourra pas participer à des Salons du livre (bien que, maintenant, une petite brèche existe au Salon du livre de Paris notamment, où timidement, l’autoédition commence à pouvoir être représentée), et encore moins espérer un Prix Littéraire. 

Ses lieux de promotion se résument bien souvent aux réseaux sociaux et aux blogs dédiés, ainsi qu’à son propre site internet qu’il aura pris soin de créer déjà et de développer régulièrement. Il peut aussi démarcher lui-même dans les librairies des environs mais son périmètre restera toujours restreint. Pour toucher les librairies, il est possible de contourner la difficulté, mais ne vous attendez pas à être submerger de commandes : inscrire son livre sur le site "DILICOM" est intéressant. C'est un site-catalogue qui contient des centaines de milliers de références, accessibles par tous les libraires, en France, et dans les pays francophones. Il est également associé à Amazon et à la Fnac, et vous pouvez gérer vos commandes sur ces deux plateformes.  Il suffit de créer un compte sur le site "CYBERSCRIBE" (qui permet aux auteurs indépendants de proposer leur propre vitrine - choisissez EDIWEB-GesRef sur la page d'accueil). Cela a un coût annuel évidemment, mais c'est une bonne alternative et vous pouvez rembourser votre cotisation en vendant moins d'un livre par mois.

Il peut aussi proposer des séances de dédicaces pour rencontrer ses lecteurs. Et, dédicacer ses livres signifie avoir déjà un certain lectorat non ?

Les auteurs indépendants ont cependant plein d’idées intéressantes et offrent des ouvertures à toute leur « corporation », sans préjugé ni préférence (et non pas à quelques privilégiés, comme les maisons d’édition traditionnelles qui n’agissent que pour le bien de leurs propres poulains et non pas pour tous les auteurs). Ils savent s’investir personnellement pour s’entraider mutuellement… Ainsi voit-on fleurir depuis quelques temps des « Salons des Indés », des «Marchés de l’auto-édition », des « site-librairies online spécialement dédiés aux Indés » et des « blogs qui aiment les Indés »… Certains se sont aussi frottés à la mise en place très périlleuse de « Concours littéraires pour les Indés ». Toutes ces magnifiques initiatives nous aident tous à aller de l'avant et à nous imposer petit à petit dans le cœur des lecteurs.

Bien sûr, on peut aussi saluer l’aide précieuse de certaines plateformes d’achats internet, telle que Amazon, FNAC etc… mais sous une certaine réserve. Car, si elles permettent de mettre en vitrine de nombreux auteurs indépendants, elles restent néanmoins assujetties à une marge de bénéfice qui leur est importante. Et, de l’avis de nombreux usagers de ces plateformes, les auteurs indépendants y sont certes les bienvenus (leurs ouvrages sont toujours plus abordables que les autres), mais surtout, elles savent qu’ils ont de plus en plus de succès et sont donc un apport de revenus non négligeable.


***


En écrivant cette partie, je suis consciente qu’avec ma toute petite expérience, il reste de nombreux points en suspens, ou des idées imprécises. Aussi, je serais ravie d’avoir l’avis d’autres auteurs indépendants pour compléter cet article. Ainsi, j’invite tous ceux qui trouveront un intérêt à cette prose, de m’aider à le compléter en me faisant part de leurs avis et conseils. J’aurai plaisir à les insérer dans ce texte en les nommant bien entendu. Et je remercie d’avance tous ceux qui voudront bien se prêter à ce petit exercice, visant à aider d’autres auteurs qui, comme nous, choisissent l’autoédition pour partager leur passion de l’écriture.

Il reste un paragraphe à ajouter à cet article, celui des revenus de l'Auteur commerçant:

3°) Revenus : 

Evidemment, la différence peut être flagrante entre les deux. L’AIMT perçoit en général 8% du prix du livre (ses droits d'auteurs), alors que l’AI en perçoit 100% desquels il défalque le montant de ses frais, mais son bénéfice est souvent supérieur à 50%... 

Mais, il ne faut tout de même pas oublier que, si 8% d’un livre représente peu, 8% de 20.000 ou 100.000 livres est tout de même bien conséquent ! Et toute cette mécanique bien huilée est tournée vers cette nécessité de vente, la rentabilité est obligatoire, sinon l’auteur n’est pas certain de perdurer. 

Alors qu'en autoédition – et je pense que mes homologues auteurs seront assez d’accord avec moi – il est assez rare de vendre des milliers de livres (il en existe néanmoins, et je consacrerai un prochain article de ce blog à ces chanceux...) Toutefois, avec un peu de confiance et un vrai travail de prospection et de publicité telle que précisée plus haut, il est possible de rentrer dans ses frais assez aisément. Et en choisissant de compléter la version papier par une version numérique, les revenus générés par cette dernière sont alors considérés comme des bénéfices à 100% (moins la marge de la plateforme évidemment). 

Dans ces conditions, un auteur indépendant qui débute peut espérer être bénéficiaire après avoir vendu une quarantaine de livres papiers (augmenté de quelques exemplaires numériques), lorsqu'il a savamment négocié ses fournisseurs. Charge à lui de garder son lectorat en haleine en proposant un futur ouvrage,  et de gagner de nouveaux adeptes en continuant de promouvoir ses écrits et en invitant les premiers lecteurs à en parler aussi.

J’ajouterai que l'auteur indépendant qui « se plante » la première fois, n'aura souvent dépensé que ce qu'il se sentait capable d'investir. Il saura analyser ses erreurs et les évitera la prochaine fois. La motivation de faire mieux ne doit pas le quitter. Toute l'aventure part d’une idée d’écriture et c’est ce qui donne à l’auteur sa raison de vivre. Il doit toujours mettre en avant, sa passion, et doit écrire parce que créer est son moteur. Ensuite, il est à même de pouvoir estimer si son ouvrage est capable de plaire ou non. Il décidera de le publier en autoédition ou d’envoyer son texte à des maisons d’édition. Il choisira quelle est l’aventure la plus intéressante ou la plus palpitante à suivre à ses yeux. Mais, il doit rester persuadé qu’il est apte à apporter du plaisir à des gens pour qui la lecture est un besoin et une nécessité. 


Je reste convaincue que les personnes qui se lancent dans l’autoédition, 
      mais avec sérieux et motivation, sont de vrais auteurs.


On lit parfois des slogans (de gens qui ne connaissent d’ailleurs rien aux difficultés des auteurs indépendants) et des publicités mensongères, du style «tout le monde peut écrire un livre et le faire éditer ». C’est faux !  Je dirais même que c'est déprécier, discréditer, déconsidérer, rabaisser le travail des vrais auteurs indépendants ou non. 

Certains se lancent dans l'écriture en se disant que ce n’est effectivement pas une épreuve insurmontable, puisque écrire est une chose que tout le monde sait faire depuis l'école primaire. Mais ils ne vont souvent pas plus loin que quelques pages. Je suis sûre qu’ils n’oseront jamais aller plus loin quand, en leur foi et conscience, ils ne sont pas « auteurs » dans leur âme profonde. C’est pourquoi, je sais que les auteurs auto-édités ou indépendants sont des auteurs qu’il ne faut pas ignorer. Ils jouent leur vie aux dés ou se jettent sans filet dans la gueule des loups prêts à en découdre.

 Comme je disais au début de cet article, les auto-édités sont une nouvelle «race» d’auteurs, mais ils sont avant tout de vrais auteurs qui ont leurs messages à transmettre. Et s’ils ne sont jamais invités sur un plateau de télévision pour parler de leur dernier ouvrage, ils ont de nouveaux mondes de rêves à nous faire découvrir, de nouveaux horizons d’évasion, dont ils pourraient parler pendant des heures... si on leur en laissait la possibilité...