Extrait n° 2 : Chapitre 2 "Indifférence"

 

Chapitre II

 

Les périodes vertigineuses de l’adolescence sont souvent ponctuées de « grandes questions philosophiques », de ressentis contradictoires,  de mots qui « claquent » dans le cœur et  font déverser des sentiments de toutes sortes sous forme de nouveaux poèmes qui parlent de colère, de doute et finalement d’espoir, comme « indifférence », « étranger », « solitude », « liberté », « amitié ». 

Malheureusement, tous les ados n’écrivent pas et focalisent leurs accès d’énergie d’une bien piètre façon parfois… je n’irai pas plus loin, car je pense avoir été comprise.

Lorsque j’ai eu quatorze-quinze ans, je n’ai pas échappé à la pseudo-règle et j’ai écrit plusieurs choses, me trouvant dans des états d’esprit parfois emprunts d’angoissantes pensées.

Indifférence

(1977)

I

Indifférence,
Ce mot dans le cœur de tout le monde,
Prudence,
Ce mot dans les mains de tout le monde,
Sentiment d’amour,
Sur les lèvres de tout le monde,
Qui, tout à tour,
Se ferment et se condamnent…

Jouet de feu et jouet de peu
Feu de fou et bien peu de chaleur,
Feu d’un sou, joueur et pour peu
Qu’il s’éteigne sur un souffle d’erreur.

Humains aux regards masqués
Aux mains sans ligne et sans mouvement,
Aux cœurs qui cherchent encore à être vrais
Pourtant ils font trembler des enfants…

Indifférence,
Qu’un enfant crie autour de lui
Prudence,
Que les grands géants disent aux petits
Sentiment d’amour,
Que cet enfant cherche et cherche encore
Tour à tour,
Que les géants détruisent sans effort.

Humains, mécaniques ambulantes
Sur le pavé des rues de la vie
Se mouvant sur les lois qui serpentent
Eteignez vos yeux de  mépris.

Laissez crépiter les cœurs d’enfants
Qui tendent leurs mains au Bonheur
Laissez rêver leurs âmes et leurs chants
Regardez-les, tous ces enfants
Ils cherchent à fuir l’indifférence
Pour installer en eux et tout autour
Un sentiment d’amour en confiance,
D’amitié vraie qui vive toujours.

II

Une larme a coulé jadis
Et mille autres ont coulé depuis
Un bel enfant est mort un jour
Des milliers en souffrent toujours.

L’indifférence est un visage
L’indifférence a mille ans d’âge
Immortelle idole de glace
Dans bien trop d’âmes elle a sa place.

Dans un regard limpide et flamme
Le temps a mis du vague à l’âme,
Dans un sourire plein d’étincelles
Il a mis les orages du ciel.

L’indifférence est un visage
L’indifférence a ton image
Statue éternelle
Dans un cœur-marelle…

Sur un mot tendre et chaleureux
Qu’un ange avait écrit pour deux
L’angoisse a brisé la beauté
Elle a signé d’un sang glacé.

L’indifférence est un visage
L’indifférence a ton visage,
Elle ouvre sa porte à l’ennui
La fermant aux cœurs en folie.

Mais…

Que le rêve parfume la vie !
Que la joie brûle comme la folie !
Que les lèvres se mettent à chanter !
Que les yeux se mettent à briller !

Que vivre signifie vivre !
Et que d’amitié on s’enivre !
L’indifférence a ses principes,
Mais l’amitié a ses disciples !

III

Construction illusoire de nation
Destruction de tout et dérision
C’est la fin d’un monde sans naissance
C’est la fin d’une vie d’indécence
Un printemps sans feuille, un été gris
Ecoute encore les habitants qui crient !

Peux-tu supporter cette pensée ?
Peux-tu donc accepter cette idée ?
Le mouvement tranquille de tes doigts,
Ton calme tel un pantin de bois.
Tu fermes ton regard à la vie
Tu fermes ton sourire à l’Ami.

Mes mains tremblent, ne le vois-tu pas ?
Mon corps s’agite, ne le sens-tu pas ?
J’ai peur, oui, je l’avoue, j’ai bien peur
Car l’indifférence est dans ton cœur
Elle est ton regard sans océan
Elle est ton sourire sans passion…

[…]

 

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