Les interviews de Forester : Richard Corlay

Aujourd’hui, dimanche 8 novembre 2020, je reçois Richard Corlay.

Il nous vient tout droit de “Les Gardiens du Sceau” et “Le Sceau d’Atlasia
(de Dominique Guenin – Éd.DG & Patte de Velours
)

 

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Forester : Merci Mr Corlay de nous accorder cette interview sur Radio Mots-Cœurs. Pourriez-vous nous dire comment tout a commencé ?

Richard Corlay : Oui, bien entendu. Et d’ailleurs, si je n’avais pas poussé mon ami Rudy à me laisser prendre la parole à ce Congrès des Sciences de la Terre l’année dernière, rien de tout cela ne serait arrivé.

F: Vous voulez dire que tout cela serait resté secret sans votre intervention ?

RC : Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, hein. Simplement, j’ai été l’étincelle qui a provoqué une réaction en chaîne. On ne peut pas considérer comme « secret » quelque chose qui n’a pas été découvert. J’ai eu la chance de poser l’œil sur cet artefact le premier et ma curiosité a fait le reste.

F : Justement, parlez-nous de cette fameuse plongée. C’est votre métier en plus.

RC : Oui, je suis spéléologue et plongeur professionnel depuis une dizaine d’années. Cette passion pour l’exploration des profondeurs me vient de mon père qui m’a initié dès que j’ai été en âge de plonger avec un détendeur et des bouteilles. Observer la faune marine, la surprendre dans son milieu naturel et la respecter m’ont fasciné dès le début et m’ont fait prendre conscience de la beauté de notre planète, de sa fragilité aussi, et surtout de la nécessité d’en prendre soin. Ça, c’est mon petit message écologiste… Ce que j’aime dans l’exploration, c’est découvrir des grottes sous-marines, cet instant où un espace sombre s’offre à mes yeux et qu’il me faut absolument explorer. Je ressens des petits picotements dans le cœur, un peu d’appréhension, mais surtout la nécessité absolue d’y aller. Le choix de la spéléologie est arrivée un peu par hasard, ou disons à cause de mon fichu caractère.

F : Oh, Richard Corlay aurait des choses à se reprocher ?

RC : Pourquoi ? Pas vous ? Ce n’est pas parce que tout ça m’est arrivé, que je suis infaillible. Je connais mes défauts et je les revendique. Donc, ado, je voulais être géologue, comme mon pote Rudy que j’ai connu bien plus tard. Mes plongées, en mer ou dans des lacs, ont éveillé en moi la passion des roches et de leur histoire. Dès que je trouvais un caillou qui avait un aspect particulier, j’avais envie de savoir pourquoi et comment. Alors, j’ai débuté des études de géologie et j’adorais ça. Mais, j’avoue que j’étais pressé d’aller sur le terrain et je n’ai pas tenu. C’était trop long ces études,  la spéléologie m’est apparue comme la seule alternative. J’ai passé mon diplôme, et j’ai été rapidement engagé par une entreprise spécialisée dans les études karstiques. Ce qui m’a permis de voyager pas mal à travers la France, l’Europe et à explorer des gouffres et des réseaux karstiques très intéressants. Je pouvais enfin associer ma passion des pierres à celle de la plongée.

F : Et vous n’avez jamais regretté d’avoir interrompu vos études de géologue ?

RC : Oh si, je l’ai amèrement regretté pendant des années et même lorsque cette histoire d’artefact a commencé. Si j’avais été géologue, j’aurais eu les moyens technologiques de l’étudier plus facilement, j’aurais eu les connaissances pour comprendre les strates dans lesquelles je l’ai découvert ainsi que les ossements.

Q : Les ossements ? Je pensais qu’il n’était question que d’un artefact ?

RC : Voilà encore un de mes défauts, je parle trop !

F : Voulez-vous tout de même en dire deux mots?

RC : Il n’y pas grand-chose à dire parce qu’ils sont tombés en poussière quand je me suis approché pour les toucher. Impossible de savoir de quoi il s’agissait, désolé.

F : Je sens à votre voix, que cette réponse m’invite à ne pas chercher à en savoir plus.

RC : C’est mon joker non ? Alors, posez-moi une autre question en rapport avec le sujet initial de cette interview.

F : Je vois. Donc, revenons-en à la question première : comment tout a commencé, maintenant que nous connaissons un peu mieux votre passé.

RC : Il y a deux ans, j’ai découvert un artefact lors d’une plongée sous-marine aux larges des côtes bretonnes, mon pays natal, oui car je suis né à Lorient. Il s’agissait d’une tablette grossièrement triangulaire, d’une couleur jaunâtre, veinée de gris. C’était plutôt un morceau de tablette couvert d’inscriptions, j’ai vu rapidement que les écrits étaient incomplets. Je n’en ai parlé à personne au début, même pas à mon ami Rudy qui lui, est géologue et un des meilleurs. Je voulais d’abord étudier l’objet moi-même, me faire ma propre idée. Je n’aime pas qu’on me bride et les scientifiques ont tendance à faire entrer leurs expériences dans des moules selon une logique établie. On fait ça, et si ça ne donne rien, on fait ça, et ainsi de suite. Moi, j’avais besoin de me familiariser avec cet objet, mon objet, un peu d’orgueil mal placé j’en conviens, mais je suis comme ça… et je me suis beaucoup soigné d’ailleurs (au cas où vous penseriez que je ne suis qu’un sale orgueilleux).

F : Non, non, je n’y pense même pas…

RC : Je continue. J’avais donc besoin de me faire ma propre opinion à propos de cet objet. J’avais la sensation dès le départ qu’il avait une histoire, une histoire très ancienne, mais on ne fait rien avec des sensations. Est-ce que j’étais aveuglé par mon enthousiasme à l’époque ? Est-ce que je me faisais mon propre film ? J’ai cherché à dater mon artefact avec des instruments de mesure assez basiques. Je suis tombé des nues quand son âge s’est révélé être antérieur à dix millions d’années. C’était invraisemblable !

F : Pourquoi ? Les roches terrestres ont des âges parfois très anciens, n’a-t-on pas retrouvé des roches qui avaient des milliards d’années ?

RC : Je vois que vous avez un peu étudié la question avant l’interview… Oui, au Canada ou en Australie par exemple, on a trouvé de vieilles roches dans des cratons datant de près de 4 milliards d’années, c’est un extraordinaire terrain de recherches. Non, plus simplement, cette datation semblait impossible parce que l’écriture n’existait pas il y a dix millions d’années, je vous rappelle qu’elle est née à peu près il y a 8000 ans en Mésopotamie.

F : Ah oui, effectivement, c’est incroyable. Et cela vous a conduit à quelle réflexion ?

RC : D’abord, il faut que vous compreniez que ma datation était bien en-dessous de la réalité, avec des appareils de mesure plus performants. Alors, j’ai repris mes recherches sur l’Histoire de la Terre. Durant des mois, j’ai potassé un maximum de documents, j’avais conservé mes cours de l’époque. À moi de vous poser une question. Vous connaissez « l’Échelle des Temps géologiques » comme tout le monde. Avez-vous remarqué que plus on va dans le passé, plus les ères géologiques sont longues ?

F : Oui maintenant que vous le dites, c’est vrai que l’ère primaire est la plus longue de toutes.     

RC : L’ère précambrienne, avant l’ère primaire, est encore plus longue, 4 milliards d’années. Mais, c’est normal, il y a beaucoup d’inconnu et on ne comprendra sans doute jamais tout ce qui s’est passé. Justement, c’est ce qui me gêne. Pourquoi ne pas simplement reconnaître le manque d’informations plutôt que d’allonger les périodes pour combler les vides ? À partir de là, j’ai échafaudé mon exposé que j’ai servi au Congrès des Sciences de la Terre et, bien sûr, j’en ai pris pour mon grade, je me suis fait huer par toute la salle. Remettre en question la théorie de l’Histoire de la Terre devant des sommités, c’était risqué. Mais, mon intention n’était pas de les convaincre, seulement de les faire réagir et les amener à s’interroger.

F : Oui, je dois admettre que vous avez provoqué une belle panique à l’époque.

RC : Mon ami Rudy m’en a voulu, parce qu’il avait remué ciel et terre pour que j’y participe, mais je lui avais menti sur la teneur de mon exposé, j’avais écrit sur un tout autre sujet. Notre amitié aurait pu en prendre un coup, mais il avait lui aussi besoin d’un électrochoc. C’est alors que je lui ai révélé l’existence de mon artefact. C’était quitte ou double : ou il me disait d’aller me faire voir et on ne se connaissait plus ou il accrochait. Et il a accroché, parce qu’il est comme moi, mon Rudy, c’est un grand curieux. Il est plus… posé que moi, moins impulsif, mais c’est un acharné du boulot et quand il veut savoir, il est déterminé.

F : Donc, grâce à votre ami Rudy Skylow, vous avez pu vous lancer dans des recherches plus poussées, c’est ça ?

RC : Oui, en quelque sorte, mais c’est plus complexe que ça. Parce que, à partir de là, les problèmes ont commencé et on a même intenté à ma vie. Mais, c’est une autre histoire…

F : Une histoire qui a changé votre vie ?

RC : Oui, à tout jamais.

F : Vous nous mettez l’eau à la bouche Richard, j’espère que vous reviendrez très prochainement en parler sur Radio Mots Cœurs.

RC : Ce sera avec plaisir.

F : Merci Richard Corlay d’avoir accepté cette interview.

RC : Merci à vous.

F : Vos amis ont à leur tour accepté de répondre à mes questions, Rudy Skylow, Candice Barron et Tristan Malivon. Et même l’intrigant Justin Fields qui m’a lui-même demandé une interview, c’est assez surprenant.

RC : Justin Fields, cette espèce de malade !?

F : Oui, lui-même. Alors, promettez-moi de revenir faire l’analyse de ses réponses dès que possible…

RC : Je n’y manquerai pas, croyez-moi.

F : Merci Richard et bonne continuation… Chers amis de Radio Mots Cœurs, mon prochain invité sera une invitée : Mle Candice Barron, journaliste, également de “Les Gardiens du Sceau” et “Le Sceau d’Atlasia”.

Je vous dis donc à très bientôt. En attendant, portez-vous bien.
Bye

 

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