POINT DE DEPART

L'aventure de mon premier roman

A l’adolescence, tout le monde a griffonné quelques pensées ou quelques jolis mots dans le coin d’un cahier, en cours de Maths ou d’Histoire-géo…

Quelques uns se sont même lancés dans l’écriture de poèmes, avec la nécessité de “s’affirmer” en tant qu’être humain. Etre mal dans sa peau, se questionner sur l’évolution de la vie, fabriquer ses démons, penser qu’au fond de soi on a la meilleure solution que les autres… Toutes ces sensations ressenties à un moment de notre vie, nous les avons figées dans des rimes souvent imparfaites ou des pamphlets qu’on pensait infaillibles…

Le temps passe… Les priorités changent … L’adolescence nous projette dans la vie d’adulte et les cahiers n’ont plus de valeur à nos yeux… Nous avons mûri et ces gamineries sont bien loin de nous… On se trouve même idiots d’avoir pu s’y laisser prendre…

Mais pas tous! 
Nous n’avons pas tous jeté nos cahiers au grenier…

Certains d’entre nous ont continué d’écrire, car cela nous apportait bien plus qu’un simple cri sur une feuille de papier. Une découverte inouïe : écrire rime avec respire!

L’écriture est devenue une seconde nature, une seconde peau…mais une peau intérieure, fragile et secrète, inviolable et régénératrice.

Sans véritablement s’en rendre compte, nous avons plongé dans le bonheur de créer… avec une nécessité absolue, celle de ne plus pouvoir s’en passer!

Créer des histoires et des personnages qui trouvent leur source au fond de nos âmes… et qui semblent ensuite nous échapper pour vivre leur propre existence… Et nous savons nous en émouvoir comme… des enfants.

Et lorsque la passion s’invite dans chaque cellule de notre corps, 
lorsque les mots et les images résonnent à notre cœur comme des milliers de papillons d’étoiles, 
alors l’évidence s’impose à nous : notre vie devient la brise qui les fera virevolter jusqu’à notre dernier souffle…

L’Ecriture est une passion… l’oxygène qui me permet de respirer…

L’histoire de « GOHRMICIA ET LA PROPHETIE DES DEUX LUNES DE BELTEN »  a été écrite en 2008 et déposée à la SNAC en janvier 2009. J’ai écrit ce premier tome en six mois,  quelle inspiration…

Le sujet m’est venu, par hasard, un soir alors que j’étais dans mon lit;
je ne dormais pas mais mon esprit était en état de « rêve éveillé ».

Des images ont pris forme dans ma tête, sans réel fil conducteur. Puis, peu à peu, les enchaînements de scènes, de morceaux de dialogues ont construit une vraie trame. L’histoire prenait forme et je peux dire que lors de ce rêve éveillé, une bonne moitié de mon roman avait été imaginée avec précision.

C’est le lendemain que j’ai commencé à écrire tout ce que j’avais entrevu la veille.

A cette époque, en 2008, j’étais secrétaire médicale dans un cabinet de radiologie (je suis toujours secrétaire médicale, mais ce n’est plus dans le même cabinet). Mon lieu de travail était bien loin de chez moi et je ne pouvais pas rentrer chez moi pour déjeuner. Je restais donc sur place, grignotant un rapide petit repas-maison, pour pouvoir me consacrer à l’écriture jusqu’à l’heure de la reprise du travail, à 14 heures.

J’ai pu écrire très vite au début, je me souviens avoir griffonné une vingtaine de pages le premier jour. J’en étais tellement étonnée que je ne l’ai pas oublié…

                                                                                       ***

Mais, pour être tout à fait honnête, Gohrmicia remonte bien plus loin dans le temps.

En effet, j’avais commencé à écrire un roman, environ une quinzaine d’années plus tôt, que j’avais laissé en suspens, faute d’inspiration (et de raisons… personnelles).  « Gohrmicia » existait donc, mais c’était uniquement le nom de la cité dans la vallée de Gohrm et non pas un personnage.

En faisant mon fameux rêve éveillé, il m’est apparu comme une évidence que cette nouvelle histoire pouvait parfaitement correspondre à une « suite » logique de ce que j’avais écrit quelques années auparavant. Donc, l’histoire que j’allais raconter maintenant se situerait dans le futur par rapport aux pages initiales, 2000 ans plus tard pour être plus précis. Pourquoi? Je pense qu’il fallait que, dans mon esprit, les époques soient assez distantes, pour que le Passé soit « sacralisé » dans le Présent.

Pourquoi avoir appelé la grande prêtresse Gohrmicia? Tout simplement, parce que j’aime beaucoup ce nom et puis, pour être plus pragmatique et partant du principe que ce personnage principal est l’épicentre d’une certaine « éternité » dans la progression de mon récit, cela m’a permis de me persuader que ce nom était tout indiqué pour mon héroïne dont les origines « ancestrales » viennent tout droit de la cité Gohrmicia d’il y a deux mille ans…

J’allais pouvoir me servir de mes quelques anciens chapitres comme de véritables racines,  pour bâtir mon histoire actuelle. Et par voie de conséquence, le récit actuel me donnerait matière à poursuivre, par la suite, l’écriture de l’époque antérieure (celle d’il y a deux mille ans).

L’idée était donc de préparer un Tome 2 qui serait intitulé : « GOHRMICIA, ENTRE HISTOIRE ET LEGENDE » (titre que j’avais donné aux premiers chapitres écrits il y a quinze ans).

Mais, à la fin de la rédaction de « Gohrmicia et la Prophétie des deux lunes de Belten », mes personnages ont finalement choisis eux-mêmes la suite des événements : le second tome n’allait pas s’intituler « Gohrmicia, entre Histoire et Légende », car Gohrmicia et Duist ne pouvaient et ne voulaient en rester là. C’est pourquoi, j’ai écrit (parce que ces deux-là me l’ont demandé !) : « GOHRMICIA ET LA CITE EPHEMERE » comme véritable suite du Tome 1.

                                                                                       ***

Que deviennent mes écrits antérieurs alors?

Qu’à cela ne tienne, je vous servirai un 3e tome plus tard … si mes chers lecteurs se sentent encore d’attaque pour me lire….

Merci…

Une idée prend forme dans la tête et le désir incontrôlable de lui donner vie entraîne l’auteur dans une aventure de laquelle il ne peut sortir indemne.

Tel un peintre, subjugué par son modèle et dont le seul but est de le transcrire avec le plus de perfection, d’amour et d’âme à l’aide de ses couleurs, tel le compositeur inspiré par trois petites notes qui s’enchainent et le submergent jusqu’à ce qu’elles se développent en une symphonie unique, l’auteur a ses images au bout des doigts et celles-ci le supplient de les épanouir par les mots qu’il est seul à entendre du fond de son cœur…

La magie de l’aurore atteindra-t-elle le crépuscule ? Les premiers mots jetés sur le papier en appelleront-ils d’autres, pour que se développent la trame qui donnera l’assise à l’histoire et l’émotion qui donnera vie aux personnages jusqu’à la dernière phrase de l’ultime chapitre?

Cela reste le mystère qui prolonge le plaisir jusqu’au bout, jusqu’à ce qu’apparaisse le mot « fin ».

                                                                                        ***

Ce qui m’a surprise lorsque j’ai commencé à écrire ce roman, c’est de me rendre compte que ces mots venaient vraiment de moi. Je faisais naître des personnages dans des paysages créés par moi, qui vivaient des aventures que j’avais façonnées et qu’ils géraient ensuite par eux-mêmes; au bout de quelques chapitres, je n’avais plus aucune emprise sur eux, ils devenaient des entités complexes et maîtres de leur destin.

Cela m’a tout d’abord fait peur, je ne savais pas à quel point la sphère « auteur-stylo-papier » (ou auteur-clavier-écran…) pouvait s’apparenter à une micro-société qui interagit totalement. J’avais cette impression bizarre, mais somme toute agréable, d’écrire ce que Gohrmicia, Duist, ou Proteeghast me soufflaient à l’oreille à tour de rôle… Peu à peu, me sentant totalement épaulée par tous mes personnages, j’ai su que j’écrirais ce livre jusqu’au bout.

Je voulais écrire un roman qui finisse bien (si possible), inscrire le mot « fin » et relire mon trésor avec fierté (qu’il n’y a pas de honte à éprouver). Mais il s’est passé une chose très étrange lorsque j’ai entamé mon dernier chapitre, c’était le soir du 4 décembre 2008, la fin apparaissait comme une évidence une vingtaine de pages plus loin. Mais au fur et à mesure que mes doigts s’activaient sur le clavier, je sentais monter en moi une irrésistible envie de pleurer : la séparation allait être atroce! Alors que j’écrivais, mon esprit me disait qu’il ne supporterait pas de s’en tenir à ces dernières pages, que je devais agir et vite. Gohrmicia et Duist étaient appendus à mes mots. Ma décision leur donna gain de cause : je ne pouvais pas clore l’existence de la Vallée de Gohrm et de ses Croyances Ancestrales! Quelques minutes de chavirage dans ma tête, et la fin de mon roman avait changé…

A 4 heures du matin, les mots « FIN du Tome 1 » étaient écrits, mes yeux mouillés de larmes d’émotion, et un deuxième tome allait voir le jour dès la semaine suivante, la trame s’était imposée d’elle-même avec l’aide de mes chers personnages.

                                                                                        ***

C’est une fois que l’ouvrage est terminé, après avoir pleuré, poussé un cri de joie, et levé les bras au ciel en se disant « j’y suis arrivée », que l’on reprend le chemin à l’envers et qu’on se retrouve au départ.

Commencent alors de longues séances de questionnements : l’histoire est-elle logique, compréhensible, suit-elle le bon chemin du point A au point B, les personnages ont-ils une vraie personnalité, sont-ils crédibles…? Toutes ces interrogations vous submergent après avoir ressenti cette fierté dont je parlais.

Et puis, les remises en question : n’ai-je pas l’air ridicule avec mon histoire qui n’intéressera sans doute personne ? Je n’ai pas assez lu pour prétendre écrire. Je devrais commencer par dévorer tous les livres que je peux et j’écrirai après, une fois que je serai expérimentée dans le domaine des mots… Ce n’est pas de la grande littérature ce que j’ai écrit, je n’oserai le faire lire à personne…

Mais le plaisir de contempler ce que l’on vient de créer, de A à Z, pour un auteur, comme pour un peintre, un sculpteur, un compositeur, un architecte, un décorateur, un paysagiste, un styliste… est indescriptible. J’ai envie de dire qu’il faut le vivre pour le comprendre. C’est un raccourci rapide mais tellement vrai. Et, à nouveau, l’intensité de l’émotion nous envahit….

Cette sensation extraordinaire m’a transportée, j’avais l’impression d’être sur un nuage ou… dans la Lune. Durant quelques jours, j’étais en dehors du temps, j’ai eu un peu de mal à réintégrer ma vie de tous les jours, le travail, mes enfants à la maison etc… Duist et Gohrmicia m’accompagnaient à chaque instant, comme des « organes » qui auraient poussé dans mon corps et feraient partie de moi au même titre que mes poumons, mes yeux, mon cœur…

Et leurs aventures allaient se poursuivre, il n’y avait plus aucun doute. 

Ma première démarche a été de déposer mon manuscrit (on dit tapuscrit lorsqu’il est dactylographié) dans une société qui protège les droits d’auteurs.

J’aurais pu l’envoyer à la SGDL, c’était la solution la plus évidente. Mais, ayant déjà protégé des textes de chansons à la SNAC, j’ai donc envoyé un exemplaire de mon livre à cet organisme (qui est tout à fait habilité comme la SGDL, bien qu’il travaille plutôt avec des auteurs de théâtre, des scénaristes ou des auteurs compositeurs).

Une fois cette tâche accomplie, je me suis tout de suite mise à la relecture de mon histoire, juste pour voir si elle tenait bien debout, si les enchaînements étaient logiques et compréhensibles. Et puis, il fallait traquer les fautes de frappe, les fautes d’orthographe, les incohérences linguistiques, les défauts de temps et autres coquilles qui devaient certainement parsemer mes écrits.

Un premier nettoyage a donc été effectué et cela n’a pas été inutile, bien au contraire. J’ai pris un peu plus confiance en ce que j’avais écrit et je me suis donc décidée à chercher des adresses de maisons d’édition à qui envoyer mon « trésor »…

Et j’ai fait ce qu’il ne faut pas faire !! J’ai eu l’audace de vouloir intéresser de grandes maisons comme Gallimard, Albin Michel, Flammarion, J.C. Lattès, Pion… et bien évidemment, j’ai dépensé mon argent en envoi recommandé pour rien ! Personne n’a daigné lire ne serait-ce qu’un chapitre de mon livre et j’ai reçu, plusieurs fois, la sympathique lettre-type qui commence par « nous sommes au regret de vous dire… », qui se poursuit par « notre collection est malheureusement déjà complète » et se termine par « nous vous souhaitons bonne chance dans vos recherches, cordialement… ». Et parfois, je n’ai reçu aucune lettre!

Ont alors commencées de longues semaines de découragement, persuadée que mon « histoire » était nulle, que j’écrivais mal, sans style, sans idée, sans envol… J’avais même laissé de côté l’écriture du 2ème tome que j’avais pourtant commencé dès que le premier avait été terminé.

Mais je ne pouvais plus rester sans écrire aussi longtemps. Alors, peu à peu, j’ai repris mon ordinateur portable et j’ai appelé Gohrmicia et Duist pour qu’ils reviennent auprès de moi et me dictent ce qu’ils avaient à vivre à présent. Au fond de moi, je me sentais mieux. L’écriture étant nécessaire à ma vie, je me suis dit que, si personne ne pouvait apprécier mes histoires, elles me plaisaient à moi! Et pour un auteur, il me semble que cela est primordial, non?

Mais, passés ces durs moments de questionnement personnel, j’ai décidé de faire lire mon livre à ma maman. L’idée n’était peut-être pas la meilleure, pour l’objectivité, mais il fallait que je le fasse.

Ma mère a lu ce livre en un temps record et l’a adoré. Je redis que cela n’était peut-être pas très probant pour savoir si oui ou non mon histoire était d’une certaine qualité, mais cela m’a fait très chaud au cœur. Et lui ayant annoncé que le 2e tome était en cours mais que ma vitesse d’écriture était un peu plus lente que pour le premier (que j’avais écrit en six mois!), elle m’a presque « engueulée », parce qu’elle voulait lire la suite dès que possible. Si bien, que je me suis remise avec attention et assiduité à l’écriture du tome 2 …pour faire plaisir à ma mère…

L’idée de chercher un éditeur a donc refait son chemin dans ma tête et j’ai tenté des adresses plus près de chez moi, sur Marseille et les environs. Mais, là aussi, déception : certaines de ces maisons n’éditaient plus de romans depuis peu ! Une autre n’éditait plus que ses propres auteurs !

Vraiment, il n’y avait plus rien à faire!

Et je venais de terminer mon 2e tome ! Il resterait lui aussi dans un fichier de mon ordinateur portable et sur une clé USB. Et, malgré tout ça, j’avais l’intention d’écrire le 3ème tome ! D’ailleurs, il était déjà commencé depuis une quinzaine d’années. Je l’ai expliqué dans la première page de ce site « balbutiements ». Quelle folie quand même !

Qu’allais-je faire? Je savais que l’Ecriture me suivrait pour le reste de ma vie. J’avais d’autres idées de romans dans ma tête et je voulais tout écrire.

Et pourquoi ne déciderais-je pas de créer ma propre maison d’édition, après tout? 

Bien sûr, tous les écrits ne sont pas bons, mais il y a sans doute de bons auteurs qui restent dans l’ombre à cause de cette déception. Je pense qu’une personne qui prend l’initiative de vouloir se faire éditer, a tout de même assez d’intelligence et de réalisme pour le faire uniquement si elle est persuadée de ne pas avoir écrit un total navet!

Un nouvel état d’esprit commença alors à m’animer…

Quelques lectures choisies et ciblées sur le monde de l’édition et j’ai commencé à comprendre ce que cette activité représente à tous les niveaux.

Pour apprendre ce qu’est la chaîne du livre, j’ai fait un bond dans le passé pour savoir comment était né le concept de l’édition (d’abord indissociable du métier de libraire avant de devenir une activité à part entière).

Internet et les livres permettent de se renseigner sur beaucoup de choses.
Les métiers qui entourent celui de l’édition à proprement parlée sont très importants et nécessaires (correcteur, illustrateur, imprimeur, secrétaire d’édition, responsable éditorial etc…) et tout cela représente une “formidable machine” à éditer…

Il est intéressant également d’apprendre à connaître les grands groupes d’éditeurs qui ont vu le jour il y a de nombreuses années, parfois même dès la fin de la Révolution française et qui sont encore d’actualité…Il est tout aussi intéressant de voir comment cette profession a évolué depuis cette époque très élitiste jusqu’à nos jours.

On parle d’édition à compte d’éditeur…
                                   d’édition à compte d’auteur…
                                                       Comment s’y retrouver?

*   Edition à compte d’éditeur:

Elle est la plus répandue : c’est une maison d’édition qui prend en charge votre ouvrage, s’occupe de toute la partie technique qui consiste à en faire un vrai livre physique  et la partie marketing qui va vous faire connaître auprès du public par le biais de la diffusion. Cela s’appelle aussi la « chaîne du livre ». C’est une machinerie qui doit être bien huilée et, pour les maisons d’édition, c’est leur métier. Si la mécanique fonctionne bien, il y a des bénéfices et l’auteur profite au passage d’environ 8% sur le prix de vente du livre (l’éditeur ne touche environ que 10-12% et le reste, 80% a déjà été utilisé pour réaliser votre livre, le diffuser et le promouvoir). C’est bien peu, c’est vrai, mais l’avantage, pour l’auteur qui a cédé ses droits à l’éditeur est d’attendre que tout se fasse en croisant les bras (pas tout à fait, car l’auteur doit néanmoins se plier aux exigences de l’éditeur en participant aux diverses manifestations de promotion, normal …) et de toucher ses droits d’auteur lorsqu’ils arrivent quelques mois plus tard en espérant que la vente sera un succès.

*  Edition à compte d’auteur:

Elle est souvent considérée comme une arnaque : une maison d’édition accepte tous les ouvrages qu’elle reçoit, vous répondant très vite d’ailleurs (au contraire d’une maison d’édition à compte d’éditeur qui met parfois six mois pour donner sa réponse), en vous promettant monts et merveilles pour votre livre qui sera superbement bien présenté et distribué. La seule chose que l’auteur a à faire est de lui fournir les fonds nécessaires à la réalisation de votre merveilleux ouvrage. Vous payez la mise en page, la création de la couverture, l’imprimerie, la publicité, la diffusion (lorsqu’elle existe, parce qu’il est souvent difficile de le vérifier)… Et pourtant, au final, vous payez tout et vous ne touchez même pas 100%  sur les ventes, car cet éditeur prend tout de même son pourcentage, et c’est vous qui avez pris tous les risques, car, si votre livre ne se vend pas, vous aurez perdu votre argent!

Vous pouvez trouver de nombreux articles sur Internet vous parlant de ces deux aspects de l’édition.

Il en existe une troisième, qui semble en réel essor actuellement:

*     L’auto-édition.

De prime abord, cette option parait incroyable. Il faut une sacrée dose d’orgueil pour imaginer s’engager dans une telle aventure! « Pour qui se prend-il celui-là ? Comme si c’était le prochain best-seller !».

Mais en y regardant mieux, cette idée n’est pas si loufoque que ça et c’est une véritable gageure : vous devez vous vendre vous-même avec vos propres arguments et votre propre sueur, mettre la main à la pâte de A à Z. Et c’est ce qui est fascinant, enrichissant et valorisant.

 Votre histoire, vous l’avez écrite, elle est là, elle vous nargue, vous avez pris assez de temps pour vous dire qu’elle n’était peut-être pas intéressante, sans doute pas assez bien écrite. Mais, dès que vous vous penchez sur un extrait de chapitre, à la page 39 ou à la page 320, vous ressentez finalement ce petit chavirement de contentement  qui vous pince le cœur… Et pourquoi cette sensation ne pourrait-elle pas être ressentie par des lecteurs que vous ne connaissez pas et qui se trouvent dans n’importe quel coin de France? Vous ne voulez pas être arnaqué et les maisons d’édition auxquelles vous avez envoyé votre ouvrage n’ont pas pris de temps de le lire et vous l’ont renvoyé avec la petite lettre typique ou l’ont détruit parce que vous avez oublié d’envoyer l’enveloppe timbrée pour le renvoi.

Alors, vous vous mettez à parcourir le Web à la recherche de « la »solution. Vous en avez entendu parlé, vaguement, de l’auto-édition, mais c’est une entité inconnue pour vous… Elle vous attire… Vous lisez des témoignages d’auteurs auto-édités qui ont « réussi » et vous vous surprenez à penser que ce n’est pas si fou que ça : vous pourrez toujours commencer « petit », pour voir ce que vous valez … En plus, avec les nouvelles technologies (l’imprimerie numérique est moins onéreuse que l’imprimerie Offset, la diffusion e.book sur le web ne coute pas grand-chose), vos pensées s’éclairent, le flou se dissipe,  et peu à peu les étapes  se concrétisent dans votre tête :

« Je vais faire une relecture très poussée de mon texte, relire et relire pour corriger, corriger jusqu’à la meilleure version possible. Dans le même temps, je cours prospecter les meilleurs devis d’impression (il est bon d’avoir une petite centaine d’ouvrages écrits pour commencer, tenir mon livre entre les mains et le montrer à mon entourage, ça donne du courage), je discute un peu les prix (c’est toujours possible de faire jouer la concurrence pour faire baisser les prix) et je prends ma décision sur une imprimerie. Je sais déjà que je mettrai aussi mon livre en format e.book sur des plateformes en ligne (il y a un pourcentage qui revient à la plateforme mais mon bénéfice est tout de même conséquent) et que les librairies que je fréquente habituellement accepteront de prendre quelques livres en dépôt-vente. Reste à créer un site perso, à faire un peu de promo, à chercher comment intégrer des salons du livre, à obtenir un petit article dans un quotidien ou autre…

… et ne pas oublier d’être mon meilleur comptable pour ne pas me mettre sur la paille et faire plutôt des bénéfices pour espérer sortir d’ici peu mon prochain bouquin…auto-édité…

Voilà, j’ai décidé de mon sort :

je me lance dans cette aventure de l’auto-édition.

J’ai trouvé un excellent premier livre de chevet, pour m’aider dans toutes les étapes et je vous le conseille: 

« J’ose éditer mon livre (réussir son livre de l’écriture à la vente)» de Lorenzo Soccavo, aux Editions Entrecom (2004)

Il est peut-être un peu ancien mais encore dans le vent. Je dis « ancien » parce chaque chapitre conseille des liens vers des sites internet  qui, parfois, n’existent plus malheureusement. Mais le principal y est et tout y est très intéressant.

1°) LA RELECTURE

C’est une étape très importante et qu’il ne faut pas laisser au hasard. Il est toujours possible de faire appel à un spécialiste, « un correcteur » qui vous fera certainement un travail minutieux mais cela représente un coût non négligeable. Personnellement, pour mon premier ouvrage, je me suis donné pour ligne de conduite de ne dépenser « que pour ce que je n’étais pas du tout capable de faire ».

Alors, je me suis mise à la tâche : la relecture… ou plutôt les relectures. En effet, en une fois, il n’est pas possible de « tout » voir. Je me suis organisée pour effectuer mes relectures suivant un ordre :

4 relectures : les fautes d’orthographes « grosses comme une maison » et les fautes de frappes évidentes. les tournures de phrases un peu lourdes et les phrases complètement inutiles pour le récit (j’ai même remanié quelques paragraphes pour la fluidité du récit). Re-fautes d’orthographes plus fines et re-fautes de frappe (oubli de point, de majuscule, d’espace entre deux mots, inversion de lettres, accords de participes passés —importants et rebelles parfois— etc…) Aération des paragraphes, gestion des dialogues avec bon positionnement des tirets etc…, contrôle des chapitres (les n° se suivent tous… eh oui, je me suis rendue compte que j’avais un chapitre 7 et un chapitre 9 et pas de 8 ! Ça arrive!).

Dernière relecture : contrôle des mises en pages (il faut savoir que chaque chapitre doit démarrer sur une page impaire… alors il faut ajouter une page blanche dans le cas où un chapitre tomberait normalement sur une page paire…). Calcul total du nombre de pages : il faut penser aux pages avant le texte (une page blanche, une page de titre avec nom de l’auteur, une autre page blanche sur laquelle figure en bas le copyright et le n° ISBN , une autre page éventuelle pour les dédicaces (les auteurs en font souvent, moi j’ai voulu le dédicacer à ma maman, puis à mes deux amies d’enfance qui me soutiennent depuis plus de 35 ans, à mes enfants et enfin à mes futurs lecteurs), puis enfin le texte commence sur une page impaire (en fait la page 5 ou 7 selon ce qu’on a fait avant), et il faut penser à une page blanche en fin de livre, pour que l’imprimeur y note ses coordonnées et la fin d’impression et le dépôt légal.
Et il ne faut pas oublier : le nombre de pages final doit être un multiple de 4 pour les imprimeurs. Alors, à la calculatrice. S’il manque une ou deux pages, il faut en rajouter des blanches, c’est le mieux.

Et une relecture supplémentaire : pour une vue d’ensemble « définitive »

Je parle de ces relectures, mais il est évident que j’ai du relire mon livre une bonne vingtaine de fois en tout… fastidieux pour 420 pages, mais vraiment nécessaire, je m’en suis rendue compte après. Et si je n’avais pas pris le temps de le faire, je m’en mordrais les doigts, vu tout ce que j’ai corrigé… ! Mais cela ne m’a pas fait dépenser d’argent pour cette première étape.

Et dire qu’il en reste encore… des coquilles… sur le produit fini…
Quelle honte pour moi, j’enrage…

2°) LA PROTECTION DE L’OEUVRE

Tout d’abord, lorsque l’on édite un ouvrage (que l’on soit une maison d’édition ou un auteur auto-édité), il faut protéger son œuvre afin de ne pas risquer d’être plagié et de pouvoir justifier pleinement de nos droits d’auteurs.

Pour se faire, il existe plusieurs possibilités : la plus connue est la SGDL (Société des Gens de Lettres) à qui vous envoyez votre ouvrage papier.

Mais, il existe aussi des sociétés de protection via Internet, tout aussi sécurisées. Je ne peux que vous conseiller de choisir une société française, car on trouve de tout sur le net. Une fois  cela réalisé, vous pourrez inscrire la référence du Copyright sur votre ouvrage final.

Une autre démarche importante pour tout auteur est de posséder des numéros d’ISBN pour ses ouvrages. On les demande à l’AFNIL. C’est une société qui vous reconnait “éditeur” (un auteur auto-édité est l’éditeur de ses propres écrits) en vous octroyant un “numéro d’éditeur” à 11 chiffres et qui va déterminer ensuite les numéros d’ISBN pour chacun de vos ouvrages édités (2 chiffres supplémentaires mais différents pour chaque écrit). La demande peut se faire via internet. Il suffit de télécharger le document “demande de n° ISBN pour un auteur auto-édité” (ce document est différent de celui des maisons d’édition, ne vous trompez pas). Un conseil: ne demandez pas un seul n° ISBN. A la question : “combien d’ouvrages comptez-vous publier par an?”, répondez au minimun 5 ou plus. En effet, pour un ouvrage, vous utiliserez plusieurs n° ISBN (1 pour la version papier, 1 pour la version e.book si vous avez l’intention de le diffuser également sur ce support). Et, si vous comptez écrire votre prochain ouvrage dans l’année, vous aurez donc déjà besoin de 4 n° ISBN différents… Vous comprenez.

Au moment où j’ai demandé ma première liste de n°ISBN, la démarche était gratuite. Désormais, elle est payante pour la première demande. Les renouvellements sont gratuits.

3° ) RECHERCHE DE DEVIS IMPRIMEUR

Cette étape a finalement été assez rapide : j’ai contacté huit imprimeries (dans ma ville et sur internet). J’ai fait la même demande à tous : 100 exemplaires d’un livre de 420 pages, noir et blanc, en format A5, avec couverture en quadrichromie fournie par mes soins, en papier standard 80gr…

J’ai eu des réponses qui m’ont abasourdie: les prix se sont étalés du simple au triple !!! Impressionnant!

Alors, j’ai sélectionné les deux tarifs les plus compétitifs (un près de chez moi, et un sur internet se trouvant à six cents kms): le premier imprimeur m’a fait une proposition intéressante, avec une remise exceptionnelle pour « nouveau client ». Le second imprimeur avait un tarif encore plus bas. Ma décision allait être prise, c’est alors que la première m’a fait une proposition encore plus basse. Je ne pouvais que me rendre à l’évidence, la première imprimerie faisait vraiment des efforts et le contact téléphonique était vraiment sympathique.

Non non… je ne vous dirai pas combien … C’est à vous de faire vos recherches personnelles pour votre propre auto-édition.

4° ) ET ENSUITE,

Mais j’ai encore beaucoup d’autres choses à penser… comme la création d’un site internet pour parler de mon activité d’auteur et mettre en place une « boutique » peut-être ; me rendre visible sur les réseaux sociaux, en créant une page « auteur » mais aussi en rejoignant des « groupes » dédiés à l’écriture, la lecture, etc… afin de me connecter à la « vie écrivaine », rencontrer d’autres auteurs auto-édités et connaître leur propre cheminement, contacter des chroniqueurs pour offrir de lire mon ouvrage et le chroniquer, des blogueurs (il y a beaucoup de « lecteurs pro » qui aiment parler de ce qu’ils lisent et pourraient parler de mon livre)…

La promotion et la diffusion sont des tâches très rudes pour l’auteur auto-édité. Ces deux aspects de l’édition sont les plus onéreux. Etre le poulain d’une maison d’édition est certes plus aisé que de devoir s’en occuper soi-même. Je ne suis qu’au début de l’aventure et je sais que je m’engage sur un terrain qui ne sera pas de tout repos…

Si vous avez lue jusque ici, quelle motivation. Merci.
Et pour aider les futurs auteurs à se révéler, j’ai demandé à ma webnmaster préférée (Sandrine) de me créer un blog tout spécialement dédié à cela : AUTOEDITION (Conseils et retour d’expérience)

C’est avec une grande émotion qu’enfin, ce vendredi 4 janvier 2013 (jour de mon anniversaire), à 16 heures, j’ai vu arriver le livreur avec une palette contenant deux gros cartons et un plus petit.

“C’est un colis pour Mme Guenin” me dit-il poliment.

“C’est moi” lui répondis-je en essayant de dissimuler ma joie. J’ai tamponné son reçu en y apposant ma signature et il a déposé mes précieux ouvrages dans la salle à côté.

Cela a été un vrai moment d’émotion : je voyais ces cartons et je n’osais pas en ouvrir un pour voir ce qu’il contenait… faire durer le suspense peut-être… ou l’impertinent sentiment d’être déçue…
Enfin, la curiosité et l’orgueil (oui quand même un peu) ont eu raison de moi.

J’ai ouvert avec précaution et ils étaient là : brillants et bien rangés sous leur film transparent de protection. J’en ai pris un, l’ai regardé sous toutes ses coutures et j’ai apprécié le travail de finition.

Voilà, mon premier ouvrage auto-édité était là.
Il n’avait plus qu’à prendre son envol…

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